Tu sens ton corps s'ouvrir, se fermer, se contorsionner. Il la viole, il viole ses micros, ses cordes, son manche, son vibrato, et il appuie sur tellement de pédales différentes. Sa voix te rentre dedans, comme s'il prenait possession de ton âme, tu sais que t'es un enfant vaudou, t'es qu'une poupée, un truc qu'on jette aux ordures ménagères. Tout ça, c'est juste des notes, des ondes éphèmères qui voyagent dans l'air. Voodoo Child. Cette montagne, tout le monde peu l'écraser, du petit doigt même. Ouais, j'ai pris un peu de ton temps, tu sais, j'ai construit une île pendant tout ça. J'ai construit une croyance, j'ai construit Dieu, et je suis un serpent. Je te le rendrait, avec ton petit doigt bien empaqueté. Je te le rendrait, quand je serais mort. On se retrouvera, parcequ'on est des enfants vaudous, Diau sait qu'on en est. Et peu importe ce que tu pense, je vais écraser cette montagne, je suis à son pied. Je vais te prendre, et j'vais tout écraser avec ma paume, pour tout reconstruire, tout. Le sable me rentrera par mes yeux, et j'ressortirai transformé. Serpent, j'ondule, tu voie, je suis dans le sable. Ce n'est plus le sable qui est dans moi, nan, nan, c'est toi qui nous regarde, moi l'ondulation dans la terre que j'ai crée. Je divague, j'ai jamais autant divagué, et putain, t'as juste à me passer un peu de ton temps, je te le rendrais. Viens dans le sable, devient Dieu omniscient, devient tout ce que tu veux. Une fois que je serais mort tout ça sera fini, les vaudous, les serpents, mais je te rendrais tout, si tu viens, ouais si tu viens t'auras même l'île. Tu voie, je divague, je prend possession de chaque atome. Laisse ton corps s'ouvrir, se fermer, se contorsionner. Je suis la montagne que tu peux écraser, avec ta paume, je serais sable,
parce que je suis un enfant vaudou,
Dieu sait que je suis un enfant vaudou.